mardi 4 novembre 2014

La RUE des BEAUX



Après la rue de Montfort et la rue des Sept-Sceaux, nous poursuivons avec cet article l'examen et l'étude des rues de Layrac. 


Rue des Beaux ?
Tout comme sa voisine la rue des Sept-sceaux, voici encore une rue du vieux centre au nom bien mystérieux !

Quelle peut-être son origine ? 

Y aurait-il eu à Layrac des "beaux" et des "laids" dans un passé plus lointain ? 
Non, bien sûr! 
Encore une fois, comme pour la rue des Sept-sceaux nous sommes là victimes d'une graphie qui a été mal recopiée au fil des cadastres successifs. 
En effet, si l'on examine le cadastre Napoléonien de 1828.... 


(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

.... on s'aperçoit que l'orthographe est bien "rue des beaux". 

Par contre, si l'on examine nos plus vieux cadastres communaux, les livres terriers de 1679 et 1624, on trouve alors "rue des baux", sans le "e".
L'explication du nom de la rue est donc à chercher dans l'ancien français.

"Baux" est le pluriel de "bail". Ce mot en ancien français vient du latin baculum et désigne un pieu ou bâton. Un "bail" est donc un pieu armé de fer et un ensemble de "baux" désigne une enceinte ou une palissade formée de pieux.
Notre rue tire donc peut-être son nom d'un endroit de la ville médiévale comportant des enclos voire une palissade formée de bâtons ferrés. 

L'examen du cadastre de 1828 révèle bien à cet endroit des vides, puis un peu plus loin (rue Patriotique et rue menant à la place Jasmin) des maisons dont le mur mitoyen n'est pas rectiligne, comme s'il avait épousé un ancien contour. Peut-être le tracé d'une enceinte primitive dans le vieux cœur médiéval de notre cité ?
Car nous sommes bien là au centre même du vieux Layrac médiéval. 
La rue des Baux menait à la principale place du village des XIème-XIIIème siècles.
A son angle et à celui de la place se trouvait la boucherie de la ville qui est parvenue jusqu'à notre époque sous la forme de cet édifice : 



Cette Boucherie est attestée par le nom de l'ancienne rue qui y menait : "rue de la Boucherie", aujourd'hui détruite, avec les maisons qui la bordaient, pour donner la place Barbusse.
Toujours sur le cadastre napoléonien, elle figure en bleu (attestant un édifice public) sous le numéro de parcelle 899. 
C'était au Moyen-âge un lieu de vie et de commerce important. C'est là que l'on tuait et débitait les animaux de boucherie, pour les vendre. C'était donc à la fois un abattoir et un commerce. On distinguait souvent la "grande boucherie" où l'on abattait boeufs et veaux et la "petite boucherie" réservée aux porcs, agneaux et moutons. A Layrac il semblerait que les deux activités aient été au même endroit. 
Les enclos délimités par les "baux" servaient peut-être à parquer les animaux en attendant leur abattage ? 


3 commentaires:

Frédéric PEREZ a dit…

Bonjour,

Nous aimerions, si votre temps précieux le permet, lire également les mêmes recherches historiques sur les deux magnifiques rues que sont Roger Salengro et Auguste Boussac.

Peut être vous arrêterez vous un instant sur la très jolie petite maison au numéro 5 de la rue Salengro et vous nous en relaterez l'historique. On est persuadé qu'elle retiendra votre attention.

Un lecteur assidu.

LUKE a dit…

Bonsoir M. Perez,

Merci de vos lectures assidues sur ce modeste blog. D'autres rues sont effectivement en cours d'études .... patience, patience, ...
Quant à la maison N° 5 de la rue Salengro, peut-être vaut-il mieux ne pas réveiller le passé ...

LUKE a dit…

Ça Y est M.Perez, c est enfin en ligne !
Désolé pour ce retard du à mes autres recherches en cours. ..