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dimanche 21 juin 2020

Layrac il y a 100 ans .... mais en couleurs !

     Nous avons dans cet article choisi de vous faire découvrir quelques aspects de la vie de Layrac et de ses habitants il y a une centaine d'années, grâce aux cartes postales anciennes. 
 Mais, nouveauté et en exclusivité pour les internautes de "Layrac, ma ville", ces clichés ont été colorisés. 

 Voici le résultat :


Le village photographié depuis le pont de chemin de fer





L'intersection entre l'avenue Massenet et l'avenue d'Etigny, 
avec la Croix de Passion, 
maintenant à l'angle de l'avenue de Brumas




Le chevet de l'église Saint-Martin





La Nouvelle Poste,
 ayant succédé au Grand Café Pandelé en 1910



Enfin, voici un cliché un peu plus récent, la Place Jean-Jaurès 
avec l'Hôtel de ville, installé là en 1937 : 


L'Hôtel de Ville abritait en ce temps-là, le corps des Sapeurs Pompiers, 
 au rez-de-chaussée, 
dans ce qui est maintenant l'accueil de la mairie.
Notez également, en bas à gauche, le véhicule utilitaire de la ville de Layrac .




jeudi 10 janvier 2019

La Poste à Layrac


     Les récents travaux de rénovation de l’agence postale de Layrac sont, pour ce premier article de 2019 sur ce blog, l’occasion de revenir un peu sur l’histoire de la Poste à Layrac. Il vous permettra, j’espère, d’approfondir vos connaissances, après la série de photos narrant cette histoire, parue dans Le Layracais N° 216.

     Alors que sous l’Ancien Régime, il existait un bureau postal à Astaffort depuis le 1er juillet 1781, il faut attendre le 1er avril 1828 pour que s’ouvre un bureau à Layrac.  Il est la conséquence logique de l’augmentation du flux de passagers et de marchandises sur la route N° 17 de Paris à Barèges qui, dans notre département, passe par Castillonnès, Villeneuve, Agen, Layrac et Astaffort, avant de gagner Lectoure et le département du Gers. On parle pour ce service de « Poste aux lettres », par opposition à la « Poste aux chevaux » qui existait auparavant. Le Lot-et-Garonne compte à ce moment-là 23 bureaux de poste, chiffre qui sera porté à 58 en 1874.

    On appose alors sur les plis confiés au Service des Postes une marque postale à l’encre, manuscrite ou imprimée. En effet, il faudra attendre le 1er janvier 1849 pour qu’apparaisse le premier timbre poste. Pour Layrac, on trouve écrit le mot « Layrac » surmonté du chiffre 45.
Il existera ensuite un cachet en forme de losange, constitué d’abord de petits points, puis de gros points. La provenance du bureau de poste de Layrac se sait grâce aux chiffres qui accompagnent le cachet : 1681 en petits chiffres pour les petits points et 1995 en gros chiffres pour les gros points.

Cachet en losange avec 1681, provenant du bureau de Layrac

Cachet en losange avec 1995, provenant du bureau de Layrac

On trouvera ces cachets sur les premiers timbres-postes ayant servi à régler l’affranchissement.
On aura ensuite des cachets circulaires, que l’on connait mieux.

     En ces temps-là, si l’on en croit la mémoire perpétuée par nos anciens, le bureau de poste de Layrac était situé dans une maison  à l’entrée de la rue des Pénitents, presque en face du débouché de la rue Tranquille. Il dépendait du bureau  d’Agen et était tenu par Mme Soclet.
Ce bureau fut rapidement trop petit et souhaitait déménager.
L’occasion se présenta lorsque le Grand Café Pandelé, institution layracaise qui abritait aussi en son premier étage une salle de jeux avec billards, fut mis en vente.

Le Grand Café Pandelé, avec l'animation d'un jour de foire

     Le Conseil municipal de Layrac, présidé par Joseph Danglade, décida le 3 septembre 1910 de s’en porter acquéreur. Un emprunt de 29.500 Frs, remboursable en 11 ans fut contracté pour couvrir l’achat et permettre les travaux d’aménagement du bâtiment. En euros d’aujourd’hui, compte tenu de l’érosion monétaire et de l’inflation, cela équivaudrait à 113.802 Euros (source INSEE).
Les Archives Départementales du Lot-et-Garonne, conservent de magnifiques dessins de ces travaux d’aménagement, menés en 1911, que nous vous livrons ci-dessous :

Les 2 parcelles achetées par la Municipalité. 

Le dessin de la façade donnant place de Salens
La façade donnant sur la rue Prosper Dauzon et les signatures des architectes  -  (janvier 1911)

Les aménagements intérieurs prévus : au rez-de-chaussée le bureau de poste et au 1er étage, le logement de fonction

     Le nouvel « Hôtel des Postes » comme on l’appelait alors, fut inauguré le 1er juillet 1911.
D’autres travaux furent exécutés quelques années plus tard, à la fin de la première guerre mondiale, pour y intégrer le télégraphe et le téléphone. La façade s’orna alors du bandeau « Postes-Télégraphes-Téléphones »

La  "Nouvelle Poste"

    Les municipalités successives ne firent ensuite que de petits travaux d’entretien, jusqu’à la rénovation d’envergure que l’on vient d’entreprendre.
Pour la petite histoire, ces travaux, en 2018, auront coûté aux alentours de 300.000 €.
Soit 3 fois plus, un siècle plus tard, que le prix d’achat et les travaux initiaux !


(Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir 
et mieux lire les inscriptions qui y sont portées)

samedi 14 janvier 2017

Les noms des rues de Layrac - 2

Nous poursuivons par ce second volet l'étude des noms  des rues de Layrac, débouchant sur la place de la Mairie ou  place Jean Jaurès.

La rue Salengro


Sur les livres terriers*, cette rue est appelée "Rue des Claustres" (cloîtres), puis plus tard "du claustre"; Voici pourquoi:
Au début du XVème siècle le monastère des Bénédictins, qui a traversé la guerre de 100 ans et des années de luttes et de pillages, est dans un état proche de la ruine, comme le sont aussi les possessions qui en dépendent (dont le moulin du Gers). En 1409, le prieur de l'époque, Jean de Bergonhan écrit au pape Grégoire XII pour s'en plaindre et obtenir des aides. Son appel est entendu et l'aide doit être généreuse à l'égard de ce fief clunisien qu'est Layrac, car le Prieuré est entièrement reconstruit, mais de l'autre côté de l'église, côté nord. 
La ville va pouvoir alors s'étendre sur le vaste emplacement dégagé et commencera par y installer son cimetière.
La mémoire populaire garda toutefois l'emplacement du cloître primitif en donnant donc à la rue qui le longeait tantôt le nom de "Rue des Claustres", tantôt celui de "Rue du claustre" : Y aurait-il donc eu jusqu'à 2 cloîtres dans le premier prieuré, l'un principal et l'autre secondaire ?

Cette rue conserve encore une trappe de manutention de l'éclairage public à bain d'huile ou de pétrole qui permit d'éclairer quelque peu les rues de Layrac entre 1828 et 1896. Il fut ensuite remplacé en 1897 par de l'éclairage électrique. Layrac possédait 31 de ces lampes à pétrole, suspendues au milieu des rues du centre-ville et qui furent conservées encore quelques années après le passage à l'électricité pour pallier aux éventuelles coupures en cas de crue du Gers.



La rue porte maintenant le nom de Roger Salengro. Mais qui était-il ? 
Roger Salengro, originaire de Lille dont il fut le maire, (1890-1936) fut ministre de l'Intérieur sous le gouvernement socialiste de Léon Blum. Victime d'attaques continuelles et de calomnies, de la part du journal d'extrême droite Gringoire, il finit par mettre fin à ses jours en novembre 1936, âgé seulement de 46 ans.


Pour rendre hommage à cet homme de Gauche, la municipalité layracaise socialiste présidée par André Bonnet (maire de 1935 à 1941, puis de 1947 à 1965) décida de donner son nom à cette rue. Cette décision fut prise lors de la séance du Conseil Municipal du 15 décembre 1936, à la demande du conseiller municipal Bédril.


La rue Auguste Boussac


Elle portait autrefois le nom de rue de Verdun, car c'était l'axe qui permettait de relier le centre du village à la Porte de Verdun, l'une des 3 portes qui verrouillait l'entrée du bourg fortifié qu'était Layrac. (Pour rappel, les deux autres portes étaient celles de Salens et de La Rue). Les maisons qui la bordent, côté nationale 21, sont bâties sur les murs et fossés de cette seconde enceinte fortifiée dont était doté Layrac et qui fut démolie dans les années 1621-1630. La rue faisait à l'origine un L et englobait une portion de l'actuelle rue Cassius.

Ce quartier de Verdun abritait de nombreux foyers de la religion dite réformée ou protestante. C'est donc dans cette rue que furent édifiés le temple et le cimetière protestants de Layrac.
Le Protestantisme s'installe en effet à Layrac à partir de 1555, date à laquelle la vicomté du Brulhois passe sous la suzeraineté de Jeanne d'Albret. En 1576, Layrac est une place forte protestante, dotée d'une garnison. Il était donc logique que la communauté ait son temple, parallèlement à l'église paroissiale catholique et au prieuré bénédictin. Il fut édifié vers 1596 sur l'emplacement de la maison noble de Fénix et démoli par arrêté royal en janvier 1671. Les biens des Protestants furent donnés par Louis XIV à l'évêque de Condom et l'emplacement du temple donné en 1730 par Louis XV à Léonard Mengin, sieur de Salabert, écuyer et garde du corps du roi, habitant à Astaffort. Celui-ci le vendit à son tour en novembre 1730 à Pierre Boussac, bourgeois de Layrac, qui possédait déjà une maison contiguë à cet emplacement.
La muraille qui subsiste à cet endroit à été plusieurs fois surélevée, mais ses parties les plus anciennes sont très certainement les vestiges du mur d'enceinte de l'ancien cimetière protestant. 




A noter en face de cette structure le ré-emploi dans un but décoratif, au dessus d'une porte menant à une cour, d'un modillon roman.
Il est en tous points semblable à ceux qui ornent le haut du chevet et de la nef de notre église Saint-Martin. Visiblement, il n'en manque pourtant pas .... Peut-être provient-il des démolitions d'une partie du mur nord de l'église, effectuées lors des travaux de reconstruction du prieuré, en 1738-1740 ? 



Revenons maintenant au nom actuel de la rue, c'est à dire Auguste Boussac : 

Mais qui était Auguste Boussac
Joseph Charles Auguste Boussac est né à Layrac, rue de Verdun, le 25 novembre 1829. Il fut élève à l'école Polytechnique, la fameuse X, promotion 1851. Il devint Inspecteur Général des Postes et Télégraphes et fut élevé au rang de Chevalier (1869) puis d'Officier de la Légion d'Honneur (1881). Il fit une grande partie de sa carrière en Algérie mais occupa aussi des postes à Limoges, Auch, Toulouse et Agen, pour la terminer à Paris. 


Peu après sa mort, pour honorer cet enfant du pays, la Municipalité de Léon Cassius décida de donner son nom à la rue de Verdun, lors de sa séance du 5 février 1893.



Layrac conserve le souvenir d'autres membres illustres de la famille Boussac : 

Nous avons eu un Jean Boussac qui fut maire de 1800 à 1804.

Puis, bien entendu le célèbre auteur dramatique Albert Boussac de Saint-Marc (1885-1958) qui vécut dans cette rue, comme le rappelle la plaque apposée sur sa maison. 



Issu de la famille Boussac de Layrac, il publia un premier recueil de nouvelles en 1908 Une tempête dans un verre d'eau, mais ne fut révélé au grand public qu'en 1921 avec Le loup de Gubbio. Son succès éclate en 1928 avec Moloch, créé à la Comédie française. Vivant à Paris, il n'oublia jamais son village de Layrac : en 1933 il y créa sa pièce Le Bon Grain, afin de financer les travaux de réfection du dôme et des charpentes de l'église.
Il fut lui aussi Chevalier de la Légion d'Honneur


* Un Livre Terrier est un livre faisant l'inventaire des possessions des habitants ou "tenants". C'est l'ancêtre de nos cadastres actuels. 



(Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir et mieux lire les textes)




mardi 16 février 2016

L'église de Layrac en 1874

     A la fin du XIXème siècle, de grands travaux d'urbanisme se déroulent à Agen, à l'image de bien d'autres villes françaises. On perce le Boulevard de la République, puis le Boulevard Carnot modifiant ainsi totalement le plan d'une ville qui n'avait guère évolué depuis le Moyen-Age.

Les riches propriétaires de l'époque, négociants, industriels, gros commerçants ou vieilles familles agenaises en profitent pour se faire bâtir des hôtels particuliers dont certains sont parvenus jusqu'à nous sans grandes modifications. 

C'est le cas d'Alexandre J. *, qui fit fortune grâce à la fabrication d'engrais et qui fonda en 1866 la Droguerie Centrale du Sud-Ouest, aux côtés de Georges Thomas.
Il sollicita en 1874 l'architecte départemental Léopold Payen, afin qu'il lui dessine les plans d'une magnifique demeure, à la mesure de sa réussite sociale, située en plein centre d'Agen.
Ce dernier réalisera un édifice éclectique, comme cela se faisait souvent en cette fin de siècle, avec un toit à la Mansart  percé de lucarnes avec des mascarons d'inspiration Renaissance. A l'intérieur, le décor rappelle à la fois le style Louis XV pour les boiseries et le style Louis XVI pour les peintures.
La partie la plus remarquable de la demeure est la cage d'escalier monumentale, qui s'ouvre sur les paliers et les portiques à 2 colonnes du vestibule.



Elle est entièrement recouverte de panneaux de marbre de différentes couleurs et baigne dans la lumière grâce à trois fenêtres ornées de vitraux. 
Et c'est là où nous en arrivons enfin à l'église de Layrac ...

Les fenêtres sont de type Renaissance avec meneaux. 
Cela  a permis au maître  verrier de délimiter à chaque fois 8 panneaux, ornés différemment.




Les panneaux représentent des portraits d'illustres agenais (Jasmin, Lacépède, B. Palissy) ou de personnages historiques liés à notre région (Henri IV), alternant avec des vues de monuments d'Agen ou des alentours, réalisées selon la technique de la grisaille, très utilisée par les vitraillistes du XIXème siècle.
Il y a en tout 6 personnages et 12 vues de sites et monuments lot-et-garonnais, dont Layrac.
Les panneaux du haut s'ornent quant à eux des initiales des propriétaires.

Voici la fenêtre dans laquelle figure le panneau de l'église de Layrac: 




Cette représentation est très intéressante d'un point de vue historique, car on peut imaginer qu'elle a été faite grâce à des observations ou croquis, eux-mêmes réalisés dans les années qui ont précédé l'édification de la maison, soit vers 1870-1872.



 Or la première grande campagne de restauration de l'édifice eut lieu en 1872-1874. Elle nous est largement décrite par l'Abbé Dubourg, alors curé de Layrac.
C'est à cette époque que l'on modifia le transept sud. Le mur, en mauvais état et à l'équilibre instable, fut reconstruit ; On remplaça son ouverture semi sphérique par une rosace et l'on recentra la porte, pour rendre l'ensemble plus esthétique.
Le vitrail de la maison reproduit ce côté de l'église avant ces transformations : 




On peut aussi y remarquer la présence des pots à feu entourant le dôme, maintenant disparus. Dôme qui est lui-même plus plat et moins haut que l'actuel, refait en béton armé dans les années 1933-1935.
L'ouverture du transept n'était pas centrée, comme maintenant. Elle permettait, depuis l'église,  l'accès au cimetière dont on voit le mur en bas à gauche. L'autre mur, près duquel se tient l'homme à la canne, entourait ce qui était alors le jardin du curé. Le cimetière fut déplacé en 1880, pour être transféré à la sortie du village et laisser la place, quelques années plus tard, à l'école. 

Voici maintenant une photographie prise quelques années après, vers 1900. 



On y voit bien la transformation du transept. Le jardin du curé est toujours là... mais pas le mur du cimetière, qui a fait place à la grille de l'école.


* Sa maison étant privée et ne se visitant pas, nous avons choisi de ne faire figurer que l'initiale du nom.




(vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.)


dimanche 3 novembre 2013

Restauration du Patrimoine

     L'été qui s'est achevé et le début de l'automne ont permis la réalisation sur notre commune de  deux chantiers importants de restauration du patrimoine.
Ils se situent plus précisément sur la zone de Goulens.

Le premier concerne le Moulin de Goulens

D'importants travaux de déboisement ont eu lieu sur les berges du Gers entourant le site et le moulin lui-même a été dégagé. 




Ces travaux permettent maintenant de bien voir l'édifice dans son intégralité et notamment ses parties les plus anciennes. 
Le moulin de Goulens a en effet très certainement vu le jour vers le XII ème ou XIII ème siècle sous l'impulsion de moines bénédictins dépendant du Prieuré de Layrac. Il fait donc partie de l'héritage clunisien de notre commune. 

On voit bien sur la photo ci-dessous la délimitation entre le bâti médiéval, caractérisé par l'emploi de grosses pierres taillées de façon irrégulière et la surélévation de deux étages, postérieure au premier état de construction : 




Toujours à Goulens, et plus précisément à Amans, le second chantier concerne l'église Sainte-Marie

Alors qu'elle est en partie ruinée depuis les années 60, un événement extraordinaire a eu lieu cet été : 
Un particulier, natif et résidant à Amans, a entrepris, à ses frais et selon ses goûts, de la restaurer. 
Rappelons que l'édifice est classé Monument Historique depuis octobre 1954 et qu'à ce titre, une telle initiative est tout à fait hors la loi.
La démarche est donc  certes illégale, mais elle a le mérite de préserver le bâti existant et de le sauver d'une ruine totale, l'Etat et les collectivités locales n'ayant pas les moyens financiers d'engager de gros travaux. 

Le résultat est surprenant : 


Les travaux de maçonnerie ont été très soigneusement et joliment réalisés comme par exemple le remplacement à l'identique des pierres taillées du soubassement du choeur....



.... Plus contestables sont l'adjonction de deux marches en béton pour supporter un futur autel et la restauration des vitraux.


Ces derniers ont été remplacés par des photographies collées sur support aluminium et donnent à l'ensemble, avec les photos de stations de Chemin de croix qui ont été ajoutées, une sensation confuse de lieu de culte dévasté, que l'on aurait abandonné précipitamment, comme en période de bombardement dû à une guerre par exemple.






Surprise par l'initiative et par son ampleur et devant les protestations soulevées, la Municipalité a fini par faire stopper net le chantier.

Quel va maintenant être le devenir de l'église Sainte-Marie d'Amans ? 
(Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir )


mardi 27 septembre 2011

Le Cadran Solaire de Layrac

Notre ville de Layrac a le privilège de posséder  Place Jean Jaurès (plus communément appelée Place de la Mairie) un magnifique cadran solaire, qui orne la façade de la Maison Paroissiale (ancien presbytère).


On doit aux Romains, qui eux-mêmes le tenaient des Grecs, l'invention de cet objet qui servait à mesurer le temps, bien avant l'invention de nos horloges modernes;


Le cadran solaire est en effet établi dès 263 av. J.-C.
Ce n'est qu'en 159 av. J.-C. qu'apparut la première clepsydre ou horloge à eau.

Les Romains divisaient le jour solaire en douze heures, avec un point fixe, midi (meridies = moitié du jour), où finissait la sixième heure et commençait la septième.

La durée de l'heure n'était pas égale à 60 minutes comme maintenant, mais variait en fonction des saisons. L'heure minima, au 23 décembre, était de 44 minutes et 30 secondes, et l'heure maxima, au 25 juin était de 75 minutes et 30 secondes.

La nuit, elle,  était divisée en quatre veilles (vigiliae), avec un point fixe, minuit (media nox= moitié de la nuit), où commençait la troisième veille et finissait la deuxième.

L'heure était indiquée sur le cadran au moyen d'un style de fer,  ou gnomon, produisant une ombre selon le schéma suivant :



Les cadrans solaires portaient en outre une maxime ou une réflexion, basée sur le temps et la destinée de l'Homme, qui est de mourir.

On trouvait généralement les inscriptions suivantes :
* Carpe diem      =  Profite (jouis) du jour présent
* Ultima  (hora) necat = la dernière (heure) tue

* Tempus fugit = le temps fuit, ou mieux encore:
Fugit irreparabile tempus = le temps fuit irrémédiablement ...


Au fil des siècles et des utilisations ou mises aux goûts du jour, les sentences évoluèrent.
Celui de Sérilhac, en Corrèze, que l'on peut dater de la fin du XVIIIème siècle, porte par exemple une devise plus élaborée : Unam horam time = Crains une seule heure (la dernière, bien entendu)


Mais la devise de notre cadran solaire layracais, qui date certainement, de par sa forme carrée, de la fin du XIXème siècle est plus rare et plus subtile : Latet ultima = La dernière est cachée....
Maxime qui renvoie certainement à la phrase : Nescitis, qua hora Dominus veniet. Ultima latet. Phrase se référant elle-même à l'évangile de Mathieu, 24-42.
= Vous n'avez pas besoin de savoir à quelle heure le Maître (Dieu) viendra : la dernière est cachée...



Notre cadran recèle aussi une autre singularité ... il est le seul que je connaisse à mentionner des heures XIII à XVI ..... au lieu de I à IV pour l'après-midi ... !!
Aurait-on eu à Layrac une façon bien particulière de décompter le temps ?
Ou bien est-ce la matérialisation d'un système de comptage de l'heure passant de 12 à 24 heures ?
En ce cas, notre cadran serait baucoup plus récent que la fin du XIXème, puisque la France adopta ce système, basé sur le méridien de Greenwich, en 1911 seulement .....
Il a été restauré, c'est-à dire repeint, par René Lasserre, artiste layracais le 1er septembre 1987.

Quoi qu'il en soit,  levez les yeux, Place de la Mairie, sur notre cadran solaire et ignorez le temps !
Vous resterez toujours jeune !

(vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir)

mercredi 27 avril 2011

La croix de la Passion de Brumas - 3

      Dans le précédent article sur cette croix, nous nous interrogions sur le fait qu'elle ne possédait pas d'autre symbole accroché en diagonale à l'autre bras. En effet, sur la plupart des autres croix de la Passion figure, en pendant au roseau à l'éponge, la lance qui servit à transpercer le flanc de Jésus, équilibrant ainsi la composition sculpturale. Nous avons mené notre enquête et fini par découvrir cette image, dans les bases de données patrimoniales du Ministère de la Culture :


Photo : Ministère de la Culture (France) -
Médiathèque de l'architecture et du patrimoine - diffusion RMN

On aperçoit bien sur cette photo prise par Moulis dans les années 1900-1910 la fameuse lance, qui, toutefois, ne fait pas pendant au roseau à l'éponge comme sur d'autres croix, mais est fixée à lui. En dessous de l'autre bras de la croix figure autre chose, qui pourrait être un sabre .... A noter également qu'aucun coq n'est présent au sommet !

Intéressons-nous maintenant au montant vertical de la croix qui comporte divers éléments :

¤ Les visages
De part et d'autre du montant vertical figure une première plaque comportant un visage.
Sans doute l'artiste a-t-il voulu figurer les deux brigands qui avaient été crucifiés en même temps que Jésus : "Ils le crucifièrent là ainsi que deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche." (Luc, 23,33)


¤ Les trois  dés
Un peu plus bas, sur une seconde plaque, dont la forme évoque celle d'une tunique, sont représentés ce qui ressemble aux trois dés avec lesquels les soldats romains ont joué, pour se partager les vêtements du Christ. "Ils le crucifièrent puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort " (Mathieu,27,35)


¤ Les 30 deniers.
Enfin, encore plus bas, une troisième plaque, toujours de chaque côté du montant vertical, porte les 30 pièces de monnaie que Judas a reçu pour avoir livré le Christ.


¤ Les dates
Un peu plus bas figurent deux dates : 1806 et 1845
La première correspond à la date d'érection de la croix sous l'impulsion de l'Abbé Capdeville, de retour d'exil. Après les affres de la période révolutionnaire, il voulut par ce symbole redonner force à la foi layracaise. Une première croix en pierre avait déjà été érigée à cet endroit en 1649. Elle fut démolie après la révolution en 1794 et ses matériaux furent vendus aux enchères.
La seconde date correspond peut-être à une restauration de la croix ou commémore un événement. Comme déjà dit au premier article, nous n'avons pour l'instant pas d'information à ce sujet.



¤ les deux derniers symboles
Le montant de la croix comporte à sa base deux derniers symboles : l'échelle qui rappelle que l'on a pu grâce à elle descendre le corps de Jésus de la croix, pour l'emmener ensuite au tombeau.
Enfin, inhabituel pour une croix de la Passion, figure sur la nôtre le serpent, qui évoque le pêché originel d'Adam et Eve.


Ainsi s'achève cette étude, un peu longue, puisque en 3 parties, de la Croix de la Passion de Salens (ou maintenant de Brumas).
Puisse un prochain article annoncer le lancement d'une campagne de restauration de cette importante pièce de notre patrimoine !








lundi 14 mars 2011

La croix de la Passion de Brumas - 2 -

        Nous avons évoqué dans un précédent article la croix de la Passion de Brumas et vu la signification des premiers symboles qu'elle porte et que sont le coq, la couronne d'épines, le coeur et le soleil.


Poursuivons l'examen de ces symboles :

¤ En dessous du coq figure le "titulus" sur lequel se lisent les initiales INRI : c'est l'acronyme de l'expression latine  Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum qui signifie Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs.


Suivent ensuite quatre autres symboles disposés deux par deux sur les branches de la croix.

A gauche , si l'on regarde la croix de face, sont disposées une main et une aiguière. (la photo suivante les montre de dos, l'éclairage était meilleur ce jour-là...)


¤  La main , mais aussi l'aiguière (ou pot à eau) sont là pour nous rappeler vraisemblablement le lavement des mains de Ponce Pilate, gouverneur Romain devant lequel comparut Jésus "Pilate prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule et dit "je suis innocent du sang de ce juste." (Mathieu, 27-24)
Toutefois, il semble bizarre que le sculpteur ait mis là deux symboles pour évoquer un seul et même épisode de la Passion. Y aurait-il une autre signification pour l'un d'entre eux ?
La main pourrait peut-être symboliser aussi la main du garde du Grand-Prêtre, qui gifla Jésus.
La croix ayant subi des remaniements et restaurations, l'un d'entre eux aurait-il été changé ?

Sur le bras droit de la croix, toujours vue de face, on peut distinguer un calice et une lanterne.



¤ Le calice est l'un des éléments, qui ayant sans doute été volé sur la première croix, a été remplacé. Ce calice, que l'on appela plus tard le Graal, est là pour nous rappeler la dernière cène ou dernier repas de Jésus. "Il prit ensuite une coupe et remercia Dieu, puis il la leur donna en disant : "Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui est versé pour beaucoup, pour le pardon des péchés" (Mathieu, 26-27,28)
¤ La lanterne, elle, est celle de Malchus, serviteur du Grand-Prêtre. Elle lui servit à s'éclairer la nuit de l'arrestation de Jésus, au Mont des Oliviers. "Judas prit donc la troupe de soldats romains ainsi que des garde envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens, et il s'y rendit avec des lanternes, des torches et des armes." (Jean,18-3)

Accrochés à l'un des bras, le gauche lorsqu'on regarde la croix de face figurent deux autres symboles : le fouet et le roseau avec l'éponge.


¤ Le fouet évoque bien sûr le supplice de Jésus avant la crucifixion : "Pilate leur relâcha Barabbas et, après avoir fait fouetter Jésus, il le livra à la crucifixion." (Marc, 15-15)

¤ Le roseau fut utilisé lorsqu'une une fois crucifié, et peu avant de rendre l'âme, Jésus demanda à boire: "Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il imbiba de vinaigre; il la fixa à un roseau et lui donna à boire." (Mathieu, 27-48)
Ce vinaigre est ce que l'on appellerait de nos jours une "piquette", un vin de mauvaise qualité que l'on distribuait aux légionnaires romains.

A noter que notre croix ne possède pas d'autre symbole accroché en diagonale à l'autre bras. En général, sur d'autres croix de la Passion figure, en pendant au roseau, la lance qui servit à transpercer le flanc de Jésus, équilibrant ainsi la composition sculpturale. Elle n'est pas présente à Layrac, ni même sur les cartes postales du début du siècle. Aurait-elle été volée dès le début de l'implantation de la croix ou n'a-t-elle jamais figuré ? L'enquête est ouverte ... 

 
L'étude de cette croix se poursuivra dans un troisième article .... A suivre .....